Championnats d'Europe de vol libre 2026 à Prilep
Entre courants thermiques, embûches et tension intense
Lorsque les pilotes de modèles réduits d'aéronef se rendent à un championnat d’Europe, ils espèrent bénéficier de bons courants thermiques, de conditions équitables et d’un minimum de réparations. À Prilep, l’équipe suisse a pu constater que la vie en décide parfois autrement. La délégation suisse peut néanmoins se réjouir d’avoir passé une semaine intéressante et couronnée de succès en Macédoine du Nord.
L'équipe s'est rendue aux Championnats d'Europe avec quatre pilotes et Milla Pyykkönen, leur assistante. La préparation a commencé sous de bons auspices, mais a rapidement été marquée par les premiers dégâts matériels. Dès l'entraînement, un modèle a heurté une motte de terre et a perdu sa queue. Un autre modèle a ensuite été endommagé dans sa caisse de transport. Apparemment, certains avions ont jugé préférable d’observer la compétition à distance respectable.
À Prilep, les conditions météorologiques étaient conformes aux prévisions : chaud, sec et par moments venteux. Ces conditions ont mis à rude épreuve les pilotes, les assistants et le matériel. La recherche de boissons suffisamment fraîches, en particulier, s’est parfois presque transformée en une catégorie supplémentaire de la compétition.
Dans la catégorie F1Q, Urs Muntwyler a représenté la Suisse en tant que seul participant. Malgré quelques difficultés techniques et un stock limité de modèles, il a réalisé des vols solides et s’est classé 21e. Il est particulièrement encourageant d’avoir pu, pour la première fois avant même les Championnats d’Europe, se qualifier pour un fly-off lors d’une grande épreuve de Coupe du monde. La courbe d’apprentissage continue de progresser, même si elle passe parfois par des détours.
C’est dans la catégorie F1A que la Suisse a réalisé sa meilleure performance. Dominik Andrist et Lauri Malila se sont tous deux qualifiés pour le fly-off et ont ainsi fait partie des rares pilotes à avoir réussi toutes les manches préliminaires. Dominik a terminé 9e, Lauri 23e. Il est particulièrement regrettable que, après la compétition, le modèle de Dominik ait fait connaissance avec un câble de 380 volts. Le modèle a perdu bien plus de matériel que son pilote n’a perdu de sang-froid
En F1B, Alfred Andrist a été le seul Suisse à se qualifier pour la finale et a finalement terminé 22e. Là encore, une vérité bien connue du vol libre s’est une fois de plus confirmée : entre un bon résultat et un très bon résultat, il n’y a souvent que quelques secondes, quelques mètres ou une discussion a posteriori sur ce qu’on aurait dû faire différemment.
L’organisation de l’événement a également fait parler d’elle. Le contrôle technique a parfois été interprété de manière plutôt large et les listes de résultats ont parfois connu plus de fluctuations que certaines manches de compétition. Ceux qui ont étudié les classements le soir ont parfois pu constater que la même catégorie comptait soudainement plusieurs versions. De plus, l’effectif des chronométreurs était si réduit que des membres du jury ont parfois dû prendre le relais. La flexibilité n’était donc pas seulement de mise sur le terrain d’aviation.
Malgré tous ces défis, la collaboration au sein de l’équipe suisse a fonctionné à merveille. Soutien, expertise et bonne ambiance étaient au rendez-vous à tout moment. Alors que d’autres nations étaient venues avec des délégations de plus de trente personnes, la Suisse a misé sur le concept éprouvé «petite, mais motivée». Cela a parfaitement fonctionné tout au long de la semaine.
Le bilan sportif est globalement positif et réaliste. Avec deux participations aux fly-offs en F1A, un fly-off en F1B et plusieurs performances solides, l’équipe suisse a su se démarquer, sans pour autant qu’on puisse parler d’une sensation. Parallèlement, de nombreux enseignements ont été tirés, sur lesquels il est désormais possible de s’appuyer pour progresser. Ou, comme on dit en vol libre : après la compétition vient l’analyse, puis les corrections, et enfin la récupération. En tout cas, l’impatience est déjà grande à l’idée des Championnats du monde de 2027 en Mongolie. Espérons que là-bas, tant les lignes électriques que les mottes de terre resteront un peu plus à distance.
Reportage: Dominik Andrist
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